Assumer l’homosexualité fémini

Jodie Foster (l’actrice aux deux Oscars, deux Golden Globe, trois British Academy Award), Nina Bouraoui (prix Renaudot en 2005 pour son livre Les mauvaises pensées), Portia de Rossi (l’inoubliable Nelle de la série Ally Mc Beal), ou encore Sarah Bettens (leader emblématique du groupe K’s Choice), toutes ces femmes sont séduisantes et talentueuses mais ont un autre point commun : toutes ont fait le choix d’assumer au grand jour leur homosexualité.

Rarissimes dans le paysage médiatique, les lesbiennes restent l’une des minorités sexuelles les plus invisibles à l’instar des homosexuels mâles.

Au cliché télévisuel récurent de « la folle » véhiculé dès les années 70 pour matérialiser le gay dans la pensée populaire (par le biais de comédies guignolesques comme La cage aux folles), on a opposé deux fantasmes : la lesbienne de film X, objet de désir à la sexualité ludique et débridée (qui n’est jamais contre l’idée d’un tiers masculin), et en opposition, la butch, masculine et caricaturée dans le film Gazon maudit sous des airs de camionneuse pas franchement séduisante.

On se souviendra de la très douteuse représentation de la championne Amélie Mauresmo dans les Guignols de l’Info sur Canal+, dont la marionnette ressemblait davantage à un Schwarzenegger à cheveux longs qu’à une jolie athlète.

Comment trouver sa place dans ces clichés populaires ?

Le plus difficile semble de préserver ses proches de la violence sociale qui résulte de ces images caricaturales : « La première réaction de ma mère a été de me demander si j’allais couper mes cheveux longs et m’habiller comme un garçon. C’est comme si d’un coup je devais endosser un rôle, parce que j’étais homosexuelle », nous confie Claire, 31 ans.

« Sandra et moi étions en couple depuis deux ans quand j’en ai parlé à mes parents, c’était important pour moi de leur montrer que je pouvais être homosexuelle et stable, penser à l’avenir, à avoir des enfants », raconte Emilie, 29 ans.

« Finalement, il s’agissait surtout de les aider à se débarrasser de tous les préjugés que la société renvoie sur les homosexuels, leur montrer que nous ne sommes pas différents des autres, nous ressentons les mêmes besoins, les mêmes envies. »

Alors comment en parler ?

« Il faut sentir que c’est le moment, et c’est quelque chose de personnel, de propre à chacun, explique Marina Patakis, psychologue. Chacun a son cheminement, qui le renvoie à des mécanismes propres : la peur de parler de son homosexualité résulte la plupart du temps d’une peur d’être rejetée, de décevoir, de ne pas être comprise. Il y a des conséquences positives, parfois d’autres négatives : l’important c’est d’être au clair avec soi, et que le besoin d’être aimée pour qui l’on est prévale sur le reste. »

Le plus souvent, on en parle dans la sphère amicale pour commencer : cela permet de trouver une assise stable et compréhensive, mais aussi du soutien. Ensuite, on se lance, mais pour ça pas de recette magique : chacun y va de sa technique.

Décalée comme Agnès : « Ma mère m’a demandé si j’avais un copain, j’ai répondu : « Oui, elle s’appelle Sarah ! » », frontale comme Virginie : « Papa, maman, il faut que je vous parle… »

L’essentiel est de rester à l’écoute des angoisses de ses proches, tout en faisant respecter sa sphère intime : le message à faire passer est qu’il s’agit de votre vie privée, et que le plus important est que vous soyez heureuse et en harmonie avec vos choix.

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